—»Monsieur a raison, observait en me regardant un gros bourgeois à lunettes, qui était mon plus proche voisin, c'est un être bien extraordinaire que ce Vidocq; on prétend que quand il veut arrêter quelqu'un, il a un coup à lui qui le rend tout de suite maître de son homme.
—»Je me suis laissé dire, c'était un charretier qui prenait la parole, qu'il a toujours aux pieds des souliers avec des caboches (gros clous), et qu'en vous donnant une poignée de main, il vous lève sur l'os de la jambe une tartine de longueur.
—»Faites donc attention où vous marchez, gros butor, s'écriait une jeune fille, dont le charretier venait maladroitement d'écraser les cors.
—»Ça vous fait jouir la belle enfant, ripostait le rustre, ce n'est rien; vous en verrez bien d'autres avant que de mourir; si Vidocq avec le talon de sa botte vous écrasait le gros arpion (gros orteil).....
—»Vraiment! qu'il y vienne donc!
—»Il serait gêné; c'est encore un cadet...»
A ce moment, je pris part à la conversation; «Mademoiselle, dis-je au charretier, a de trop jolis yeux pour que Vidocq, tant méchant soit-il, veuille lui faire du mal.
—»Oh! on n'ignore pas qu'il n'est pas si rude avec les femmes. D'abord c'est un gaillard qu'on dit qu'il lui en faut. Oui, il lui en faut, et qu'il est fameusement porté là-dessus. Mais ce n'est pas tout ça: j'en voulais venir que quand on écrase le gros arpion à un particulier, tant fort soit-il, il n'y a pas de milieu, il faut qu'il descende, et si on ne le ramasse pas, il reste sur la place.»
Il se fit alors un brouhaha.—Ah! ah! ah!
«Qu'est-ce qu'il y a?