[116] Douze ans de fers.
[117] Une bamboche.
[118] En 1815 et 1816, il y eut dans Paris un grand nombre de réunions chantantes, connues sous le nom de goguettes. Ces espèces de souricières politiques se formèrent d'abord sous les auspices de la police, qui les peupla de ses agent. C'était là qu'en trinquant avec les ouvriers, ces derniers les travaillaient, afin de les envelopper dans de fausses conspirations. J'ai vu plusieurs de ces rassemblements prétendus patriotiques; les individus qui s'y montraient le plus exaltés étaient toujours des mouchards, et il était aisé de les reconnaître; ils ne respectaient rien dans leurs chansons; la haine et ses outrages les plus grossiers y étaient prodigués à la famille royale...... et ces chansons, payées sur les fonds secrets de la rue de Jérusalem, étaient l'œuvre des mêmes auteurs que les hymnes de la Saint-Louis et de la Saint-Charles. Depuis feu M. le chevalier de Piis, feu Esménard, on sait que les Bardes du quai du Nord ont le privilége des inspirations contradictoires. La police a ses lauréats, ses ménestrels et ses troubadours; elle est, comme on le voit, une institution très gaie; malheureusement elle n'est pas toujours en train de chanter ou de faire chanter. Trois têtes tombèrent, celles de Carbonneau, Pleignier, Tolleron, et les goguettes furent fermées: on n'en avait plus besoin..... le sang avait coulé.