—Utile! qui sait? Dans tous les cas, c'est à essayer.

—C'est peut-être à essayer, reprit Madeleine assez gravement; mais alors comment aurons-nous de nos nouvelles?

—Comment? mais par les mêmes moyens, si vous y consentez.

—Oh! non, cela ne sera pas, cela ne peut pas être. Vous écrire d'Allemagne à Paris, c'était possible, mais de Paris... au hasard, dit-elle, vous comprendrez bien que ce serait déraisonnable.»

Cette dure perspective d'être pendant plusieurs mois absolument privé de tout contact, même indirect, avec Madeleine me fit d'abord hésiter. Une autre réflexion me décida pour l'épreuve la plus radicale, et je lui dis:

«Soit; je n'entendrai plus parler de vous, sinon par Olivier, qui n'est pas le plus exact des correspondants. Vous m'avez donné mille preuves de générosité qui me font rougir. Je ne puis m'en montrer digne qu'en me résignant. Vous apprécierez ce que cet effort pourra me coûter.

—Ainsi vous partez sérieusement? reprit Madeleine, qui voulait en douter encore.

—Demain, lui dis-je. Adieu!

—Allez! me dit-elle avec un froncement de sourcil qui lui donna tout à coup une expression singulière, et que Dieu vous conseille!»

Le lendemain, en effet, j'étais en voiture. Olivier, qui s'était engagé sur l'honneur à m'écrire, tint sa promesse aussi loyalement que son incurable inertie le lui permettait. Je sus par lui l'état de santé de Madeleine. Madeleine apprit sans doute aussi qu'elle n'avait rien à craindre pour la vie du voyageur; mais ce fut tout.