—Ali.
—Fils de qui?
—Ben-Abdallah-bel-Hadj.
—Où demeures-tu?
—Bab-el-Chettet.
—Ya, Moloud! cria le lieutenant à son robuste serviteur, va chez Abdallah-bel-Hadj, Bab-el-Chettet, préviens-le que le lieutenant N... emmène son fils à Aïn-Mahdy.
—Lui dirai-je pour combien de temps? demanda Moloud.
—C'est inutile; dis qu'on aura soin de lui.
Et notre petit convoi se mit en marche par la rue des Marchands. Elle était déjà déserte; toutes les ruelles l'étaient de même. A travers les portes, on devinait des préparatifs extraordinaires et des odeurs inaccoutumées de viandes rôties qui prouvaient que le jeûne allait finir et qu'on n'attendait plus que le dernier signal du canon pour entrer à pleine bouche dans les réjouissances du Baïram, aïd-el-seghir, petite fête, qui suit le Rhamadan.
—Et nous qui les emmenons à un pareil moment! pensais-je en voyant l'air contrarié de nos spahis et la mine encore plus désespérée du petit Ali, dont le cœur semblait faiblir.