DURAND.

Ah; pourquoi cela? nous y voilà!—Monsieur, il n'y a pas de jour, que dis-je? d'heure... que dis-je? de minute, où je ne me pose cette question; mais pourquoi diable cet animal-là m'a-t-il constitué une rente sur la tête de son neveu? S'il voulait me faire une politesse... viagère, il était si simple de me l'adresser directement; il m'eût épargné bien des tribulations... C'est au point que je commence à croire que son bienfait est une vengeance habillée en piastres.

BERTRAND

C'est un joli costume.

DURAND.

Joli, au premier abord, mais difficile à endosser. Hier, je vais chez Maître Tétreau, notaire à Hull, et je lui dis:—Tétreau, je viens toucher ma rente.—Très bien, me dit-il; mais tu sais que pour toucher tu dois prouver l'existence de Martin. Prouve et je paie.—Prouver, comment? Martin n'est pas ici.—Où est-il? me dit-il.—Je n'en sais rien, lui dis-je—Eh bien, me dit-il, cherche, apporte et tu toucheras. Alors, l'oeil morne et la tête baissée, je suis venu jusqu'ici, demandant à chacun en route, s'il n'avait pas par aventure vu M. Martin. Mais j'eus beau demander, personne ne put me renseigner. Et vous dites que vous avez des locataires de ce nom?

BERTRAND. Trois, monsieur; l'un au 9; l'autre au 11, et le troisième...

DURAND.

Je vais interroger le 9... Venceslas! (Venceslas sur une chaise, au fond à droite, dort). Il dort!

BERTRAND.