Fontenelle se trouvant à table avec deux jeunes poëtes avantageux, il fut beaucoup question au dessert des différentes manières d'exprimer la même chose en français. Nos deux étourdis lui demandèrent, sur le ton badin, s'il était mieux de dire: Donnez-nous à boire, qu'apportez-nous à boire. Fontenelle leur répondit en souriant:--Vous devez dire: menez-nous boire.
F
Les lettres les plus embarrassantes sont les lettres F A C.
FACÉTIES
Un huissier qui voulait faire une chanson n'accoucha que du premier vers, et il demandait si la rime était bonne.
On voulait marier un épicier avec sa jeune tante.--Je ne le veux pas, dit-il; car si j'épousais ma tante, je serais mon oncle.
--Le pavé est bien fier, disait un bonhomme qui, par le verglas, s'était laissé tomber.--Je ne le trouve pas fier du tout, dit un autre, car voilà trois fois déjà qu'il me baise le derrière.
On demandait à un homme un peu distrait:--Quel jour est-ce demain?...--Ma foi, je ne vous dirais pas trop; tout ce que je sais, c'est que c'est aujourd'hui samedi.
Un homme riche, qui s'était marié trois fois, ayant perdu sa troisième femme, répondit à quelqu'un qui lui proposait une fort aimable demoiselle en quatrième noce:--J'accepte volontiers la demoiselle, même sans dot, pourvu que vous fassiez stipuler dans le contrat qu'elle ne mourra pas; car je suis las d'épouser des femmes qui meurent.
On présenta à un maire de village, dans les premiers temps où l'état civil fut confié à ces officiers ministériels, un enfant de trois ans, qu'on avait négligé de faire inscrire sur le registre communal. Le maire écrivit: «Aujourd'hui est né de légitime mariage un enfant âgé de trois ans....»