Il n'y avait rien du tout à gouverner dans le splendide palais bâti par le génie de Primatice.--Il n'y avait qu'à se promener dans le parc et à prendre du ventre.

M. Auguste Luchet, qui est romancier, se promena, rêva, digéra, et, au bout du compte, se chercha un autre passe-temps.--Il découvrit alors ce fameux vivier où sont des carpes dont plusieurs ont de la barbe et sont, dit-on, contemporaines de François Ier.--Il imagina d'y goûter; il pêcha, trouva l'exercice bon, et, depuis lors, il pêche toujours.

Les habitants de Fontainebleau s'alarmèrent d'un labeur si terrible.--Ils écrivirent au général Cavaignac une lettre dans laquelle on trouvait ce passage:

«Citoyen général, nos prédicateurs disent que le juste pèche au moins sept fois par jour. Or, M. Auguste Luchet pèche du matin au soir, sans discontinuer. Jugez s'il est juste.»

PEINDRE

--Pendant que mon mari peignait notre corridor, disait une Parisienne, je peignais nos enfants; nos enfants étaient bien peignés, mais notre corridor était mal peint.

On sait que Wateau était, au dernier siècle, un peintre célèbre. Un autre Wateau était coiffeur renommé. Un bourgeois de Paris, invité à la cour, envoyant chercher Wateau le coiffeur, qu'il ne connaissait pas, dit à son domestique:

--Va-t'en me chercher Wateau; il faut qu'il me peigne tout de suite. Le domestique, qui entendait tous les jours vanter le peintre, courut chez lui, et Watteau arriva.

--Bonjour, monsieur Wateau, dit le bourgeois, je vais à la cour et j'ai besoin de vos talents. A quel prix me peignez-vous?

--Mais, monsieur, dit l'artiste, pour que vous soyez convenable, vous me donnerez cinquante louis.