Il y avait, sous la régence, à Saint-Eustache, un suisse nommé Mardoche. Il mourut en 1727. Son ami Bombel, petit marchand mercier, voulut lui faire une épitaphe, et il pensa que, pour plus de dignité, elle devait être en vers. Il consulta un écrivain public des Halles, qu'il jugeait capable de l'initier à l'art poétique. Celui-ci, ne voulant pas le fatiguer d'un travail pénible, ne lui donna qu'une règle: c'est qu'il fallait que chaque vers rimât avec son double et que, pour rimer, chaque vers devait se terminer par les trois mêmes dernières lettres.

Bombel se mit à l'oeuvre et produisit l'épitaphe qui suit, et qui a été conservée:

Ci-gît mon ami Mardoche.

Il a voulu être enterré à Saint-Eustache.

Il y a porté trente-deux ans la hallebarde.

Dieu lui fasse miséricorde!

Par son ami J.-D. Bombel. 1727.

VERT

Une dame de qualité, vieille et sèche, se trouvait à un bal que donnait Henri IV. Elle était vêtue d'une robe verte. Le roi la remarqua et lui dit plaisamment:--Madame, je vois que, pour nous faire honneur, vous avez employé le vert et le sec.

Un jeune homme, qui avait dissipé en peu de temps une fortune considérable, tomba malade et fut saigné. Le médecin trouva le sang vert.