On a dit que le char funèbre, genre antique, qui avait transporté Louis XVIII à Saint-Denis, était le même qui avait traîné la liberté au Champ de Mars, la déesse Raison à Notre-Dame et Voltaire au Panthéon; mais les draperies, selon la circonstance, en déguisaient la carcasse. Quoi qu'il en soit, lorsque le char, qui avait emporté le cercueil royal, revint à sa remise rue Bergère, chargé de toutes les décorations mortuaires entassées pèle-mêle, on lisait dessus, en grosses lettres: Service des menus plaisirs du roi.
Louis XV allant à Choisy, M. de Nédonchelles, officier des gardes du corps, anglomane décidé, galopait à l'une des portières de la voiture; et, comme il avait plu beaucoup, à tout moment il éclaboussait le roi, qui avait baissé la glace.--Nédonchelles, lui cria le roi, vous me crottez!--Oui, Sire, répondit l'officier, à l'anglaise. On devine que Nédonchelles avait entendu: Vous trottez. Louis XV, ne saisissant pas la méprise, leva la glace de mauvaise humeur, et dit à ceux qui l'accompagnaient: «Parbleu! voilà un trait d'anglomanie qui est un peu fort!»
Frédéric le Grand avait coutume, toutes les fois qu'un nouveau soldat paraissait au nombre de ses gardes, de lui faire ces trois questions: «Quel âge avez-vous? Depuis combien de temps êtes-vous à mon service? Recevez-vous votre paye et votre habillement comme vous le désirez?»
Un jeune Français désira entrer dans la compagnie des gardes. Sa figure le fit accepter sur-le-champ; mais il n'entendait pas l'allemand. Son capitaine le prévint que le roi le questionnerait dès qu'il le verrait, et lui recommanda d'apprendre par coeur, dans cette langue, les trois réponses qu'il aurait à faire. Il les sut bientôt, et le lendemain Frédéric vint à lui pour l'interroger; mais il commença par la seconde question et lui demanda: «Combien y a-t-il que vous êtes à mon service?--Vingt-un ans, répondit le soldat.» Le roi, frappé de sa jeunesse qui ne laissait pas présumer qu'il eût porté le mousquet si longtemps, lui dit d'un air de surprise: «Quel âge avez-vous?--Un an, sous le bon plaisir de Votre Majesté.» Frédéric, encore plus étonné, s'écria: «Vous ou moi avons perdu l'esprit.» Le soldat, qui prit ces mots pour la dernière question, répliqua avec fermeté: «L'un et l'autre, n'en déplaise à Votre Majesté.--Voilà, dit Frédéric, la première fois que je me suis vu traiter de fou à la tête de mon armée.»
Le soldat, qui avait épuisé sa provision d'allemand, garda pour lors le silence; et quand le roi, se retournant vers lui, le questionna de nouveau pour pénétrer ce mystère, il lui dit en français qu'il ne comprenait pas un mot d'allemand. Frédéric, s'étant mis à rire, lui conseilla d'apprendre la langue qu'on parlait dans ses États, et l'exhorta d'un air de bonté à bien faire son devoir.
Pièce copiée sur l'original affiché à Pontarlier.
1º Il est défendu d'extraire de la pierre, du sable, des carrières du territoire de la commune sans avoir prévenu les autorités, surtout de la marne, les étrangers n'y sont pas admis.
2º Les cabaretiers qui donneront à boire le dimanche sont prévenus qu'on leur dressera procès-verbal pendant les offices, surtout de la messe, qu'il est défendu d'y aller.
3º Il est défendu de conduire le bétail sur le communal joignant le pic des avoines, ni avec des brebis, chèvres ou autres, malgré qu'ils seraient conduits par des personnes raisonnables, qui ne doivent pas être pâturés.
4º Dimanche, à l'issue de vêpres, il sera procédé à l'adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur des boues du village, en présence du maire, qu'on devra racler proprement, assisté de deux membres du conseil, provenant des égouts de la ville. Les articles sus-dits, regardent aussi tous les habitants de tous les sexes, qui devront être exécutés.