Montesquieu disputait sur un fait avec un conseiller du parlement de Bordeaux, qui avait de l'esprit, mais la tête un peu chaude. Celui-ci, à la suite de plusieurs raisonnements débités avec fougue, dit: M. le président, si cela n'est pas comme je vous le dis, je vous donne ma tête.--Je l'accepte, répondit froidement Montesquieu, les petits présents entretiennent l'amitié.
Le mot donner a beaucoup d'expressions singulières. Un fossoyeur disait un jour:--Ça va mal; le mort ne donne pas.
Une vieille dame demandait à son voisin, dans un salon:
--Combien me donnez-vous d'années?
--Vous en avez assez, Madame, répondit le voisin, sans que je vous en donne encore.
DOS
Quelle différence y avait-il, avant la révolution, entre la reine de France et son chat:--C'est que le chat faisait le gros dos, et la reine le Dauphin.
DOUBLE SENS
On a fait plusieurs fois des vers qui ont un double sens, lorsqu'on les lit dans l'idée de l'auteur. Nous n'en citerons qu'un exemple. C'est le serment civique à double face de 1792. Si on lit ces vers à pleine ligne ils ont un sens, qui est démenti lorsqu'on les relit à deux colonnes:
À la nouvelle loi je veux être fidèle
Je renonce dans l'âme. au régime ancien.
Comme article de foi je crois la loi nouvelle
Je crois celle qu'on blâme. opposée à tout bien.
Dieu vous donne la paix messieurs les démocrates,
Noblesse désolée, au diable allez-vous-en,
Qu'il confonde à jamais tous les aristocrates
Messieurs de l'assemblée ont seuls le vrai bon sens.