Tandis que nous étions à table, la Finette tournait autour de nous, attrapant un morceau de l'un, un morceau de l'autre, et mon oncle lui fit donner le reste de la soupe, car il n'aimait pas à voir pâtir les bêtes autour de lui.
Après souper, Gustou prit la lanterne pour aller soigner nos montures, et mon oncle alluma sa pipe.
—Puisque nous faisons la noce, dit-il, donne-nous un peu de pineau, Mondine.
Et nous nous mîmes à boire, en parlant de choses et d'autres.
—La demoiselle m'a bien parlé de toi l'autre jour, tu sais, Hélie, me dit la vieille servante.
—Il te faudra aller la voir, cette pauvre demoiselle Ponsie, ajouta mon oncle.
—Bien sûr, répondis-je en demandant de ses nouvelles.
—Elle est toujours brave et bonne, dit la Mondine, et point méprisante pour le pauvre monde. On pourrait chercher à vingt lieues à la ronde, pour trouver une demoiselle qui la vaille.
—Et avec ça, dit mon oncle, elle reste à la pendille.
—Ça veut dire que les messieurs de par ici sont bien bêtes, repartit la vieille: une demoiselle comme ça!