Il ne faut pas pêcher le jour des morts !

Une seule chaloupe part ; elle est montée par un pêcheur impie qui a fait le tour du monde, un sceptique qui ne croit plus à rien :

Il n'a plus peur même des revenants !

Les poissons par milliers entourent sa barque ; il jette le filet, mais tout à coup le poisson fuit comme par enchantement, et qu'amène-t-il ? Une tête de mort !

Quand, à la fin de son premier recueil, le poëte s'écrie :

Qui te célébrera, Vendée, ô ma patrie ?

Quelle muse dira ta gloire et tes malheurs,

O terre de géants et de genêts en fleurs ?

on voyait bien qu'il sentait en lui une force qui le poussait, et qu'un jour il serait lui-même ce poëte vendéen.

Il l'a été, il l'est : dans les Vendéens, il a peint les sublimes actions de cette guerre héroïque et douloureuse, et alors l'enthousiasme l'emporte sur ses ailes : le poëte est presque un soldat, il y a en lui quelque chose de contenu, comme un sauvage désir de parcourir la lande le fusil à la main. Il n'admire pas seulement Bonchamp, Lescure, Cathelineau, Charette, la Rochejaquelein, les héros avec lesquels il marche à la bataille, au supplice, à la mort ; il les aime et les fait aimer.