Au matin, le seigneur, de plus en plus poussé à la colère par les propos de Croudas, ordonna de préparer le supplice, ajoutant qu'il y voulait assister pour se donner le plaisir de voir périr douloureusement le scélérat qui était cause de sa vive peine.

Croudas fit donc lui-même porter un nombre de fagots à l'endroit où l'assassin devait être brûlé, et dresser aussi tout proche, avec des branchages, un trône pour son maître.

Puis il envoya avertir le seigneur; et le seigneur vint s'asseoir sur le trône; puis l'on amena le paysan, suivi d'une foule de gens qui se lamentaient sur cette mort injuste.

Le paysan leur disait:

«Ne pleurez pas; puisqu'il faut que je sois tué pour une action que je n'ai point à me reprocher, je vais mourir en pardonnant à ceux qui ont refusé de m'être miséricordieux.»

Croudas dit aux serviteurs:

«Liez-le sur le bois, et mettez le feu.»

Le seigneur regardait toutes choses avec une profonde attention, et gardait sa bouche muette.

Ses yeux allaient du paysan à Croudas, et de Croudas aux serviteurs, qui se tenaient auprès des fagots pour les allumer.

Et comme les serviteurs tardaient un peu d'obéir, Croudas leur cria: