—Elle tourne donc?

—Oui, Jacques, elle tourne, et toute seule même, sans qu'on la touche.

—Ah! je voudrais bien voir ça!

—Tu le verrais, Jacques, si tu étais devant la pierre au premier coup de minuit, le soir du jeudi saint. Et tu verrais bien autre chose encore.

—Quoi donc?

—Au premier coup de minuit tu verrais la pierre, en tournant, découvrir l'entrée d'une caverne, illuminée par un trésor tout fait de louis d'or luisants comme le soleil. Caché là depuis des cent et des cent ans, c'est le trésor des fées, qui en achetaient les âmes avant que Notre-Seigneur les eût contraintes à ne plus faire ce damné trafic. Libre à toi d'entrer et de prendre des louis tant que tu voudrais, ou plutôt tant que tu pourrais; car il faudrait te hâter, la caverne ne restant ouverte que le temps des douze coups. Au douzième, nouveau tournement de la pierre, et....

—Et, acheva Jacques en riant, celui qui serait entré et ne se presserait pas de sortir, resterait pris comme rat en ratière. Pardieu! ce serait bien fait!

—Bien fait? Pourquoi donc, Jacques?

—Parce que trésor mal acquis ne doit point profiter.

—Des louis d'or sont toujours des louis d'or, Jacques. Suppose que tu ailles à la roche, que tu entres, que tu prennes ta charge de pièces jaunes.... C'est long à sonner, douze coups. Tu aurais bien le temps de ressortir avant le douzième; et alors, Jacques, alors nous serions riches.