Elle se retourna.
Sa figure d'un parfait ovale avait une expression rayonnante... ses grands yeux bleus étincelaient humides et brillants, sous des sourcils châtains, étroits et bien arqués que ses désirs haletants fronçaient un peu...
Sa gorge bondissait d'une façon étrange et faisait craquer son corset...
Elle croisa sa jolie jambe sur son genou, et dénoua, ou plutôt rompit avec violence les longs cordons de soie qui attachaient un tout petit soulier de satin.
Et puis enfin elle renvoya ses femmes, et voulut, quel caprice! les suivre jusqu'au bout d'une galerie qui communiquait à son appartement.
Après avoir soigneusement fermé la porte de cette galerie, rapide comme un oiseau, elle vola dans sa chambre.
—Oh! mon amour, mon seul amour—murmura-t-elle en tombant dans ses bras, à lui qui, debout, la soutenait en sentant avec ivresse le contact électrique de ce corps, d'admirables proportions.
—Tiens—disait-elle tout bas...—aujourd'hui... partout les louanges, partout on disait ton nom, mon adoré; partout on disait ton courage, ton noble caractère, ta beauté... et heureuse, fière, je me disais:—Ce courage, ce noble cœur, cette beauté, tout est à moi... à moi... mon Arthur!
—Oh! Marie... quel doux réveil.... N'ai-je pas rêvé, mon ange... que tu m'avais trahi... tué... que sais-je, moi? Me pardonnes-tu, dis?
—Non, non... tu mourras palpitant sous mes baisers—dit-elle en bondissant comme une jeune panthère, et lui mordant les lèvres avec une amoureuse frénésie....