Ce furent ses dernières paroles, car il disparut.

—Hourra... hourra, vilain Croque-Mort! cria l'équipage en frappant des mains.

On vint poliment me dégager de mes liens.

Je croyais rêver.

Le timonnier qui tenait la barre, fut renversé par un coup de mer, le navire vint au vent, et nous faillîmes engager. Cette violente secousse et cet effroyable péril me firent revenir à moi... Je me précipitai sur la barre; et j'y restai.... commandant la manœuvre de ce poste, car le temps pressait.

—Vous voyez, chiens, leur criai-je, que le ciel vous punit de votre atroce forfait... La mort de ce malheureux fait-elle cesser la tempête? Elle augmente au contraire, elle augmente... Malédiction!... Dans une heure peut-être, nous irons le rejoindre... lui...

L'équipage fut un peu démoralisé; quelques-uns baissèrent la tête, lorsque l'infernal voilier reparut au grand panneau, portant un coffre...

—Va donc dans le même tombeau que ton maître le Croque-Mort! et que le bon Dieu nous laisse en repos, car nous n'avons plus rien à ce matelot de l'enfer.

Et le coffre fut lancé par-dessus le bord, aux acclamations de tout l'équipage, persuadé que la tempête cesserait quand il n'y aurait plus rien à bord qui eût appartenu au pauvre Ulrik...

Au contraire, la tempête redoubla de violence. J'entendis une horrible explosion; c'était notre grand'voile que le vent venait d'emporter, d'emporter si rapidement, que je ne vis qu'un point blanc tourbillonner et disparaître en une seconde.