—Ma foi, ça le regarde.—Puis saluant Narcisse M. Hochard continua avec sa voix monotone:

—Mais nous ne fondrons pas, nous autres, je l'espère bien; aussi je suis enchanté, Monsieur de faire votre connaissance, j'ose croire que nous nous entendrons bien: vous serez ici comme chez vous, comme à terre mon Dieu... pas la moindre différence. Je vous le répète... comme à terre.

Ici une grimace significative de Narcisse Gelin.

—Nous sommes au mois de juillet, nous appareillerons avec une brise faite, nous gagnons les Açores, les vents alisés, et nous arrivons à la Martinique... comme sur des roulettes.

Narcisse était désespéré...

Pourtant, capitaine, dit-il, on n'a jamais vu de traversée sans tempête... Sans...

—Bon Dieu! que dites-vous là, mon cher Monsieur? Je suis à ma vingt-unième année de navigation, et excepté quelques petits coups de vent par-ci par-là, j'ai toujours été favorisé de temps superbes... de temps magnifiques.

—Que le diable t'étrangle, toi et tes temps superbes,—pensa Narcisse, malgré le peu de logique de ce souhait.

—Si nous partions au mois de février ou mars, je ne dis pas, nous aurions bien à craindre quelque petite queue d'équinoxe, mais au mois de juillet!... ajouta-t-il, avec un air de joyeuse et intime conviction, ah! mon Dieu... au mois de juillet... vous ne vous apercevez seulement pas que vous avez quitté la terre.

—Comme c'est agréable, pensa Narcisse. Aussi, prenant son parti violemment: Ne pourrai-je pas débarquer de votre bord, Monsieur? demanda-t-il au capitaine.