—C'est égal, Rénard... mon bon matelot... c'est égal... je ne suis pas tranquille.... Ça t'est bien aisé à dire, toi, qui es sûr de ne pas y laisser ta peau à cette chienne de danse.

—Ça, c'est vrai, j'ai soufflé trois fois mon fanal, et trois fois je l'ai rallumé en le levant en l'air... Ainsi, je suis sûr de rester. Alors, qu'est-ce que t'as à craindre?

—Pauvre Georges, dit Mulot.—Lui qui est si vif et si espiègle... Enfin l'autre jour, je ris rien que d'y penser, n'a-t-il pas mis le grand panneau de la batterie en bascule, de façon que le petit gredin, s'est fait poursuivre par trois novices de ce côté-là... Lui qui savait la chose, a sauté par dessus le panneau,—et les trois sauvages de novices qui ne le savaient pas, ont cabané au fond du faux-pont;—même qu'il y a eu un de ces brutaux qui s'est arrangé les jambes si drôlement, que le major croyait qu'il faudrait lui en ôter une.

—Le fait est, Mulot, dit gravement Rénard, que Georges promet d'être un bien joli sujet, et qu'il a des dispositions que je soignerai si tu crèves..., tu peux y compter.

—Enfin, mon vieux Rénard, adieu et merci, si je ne te revois pas après le bastringue.

Et ces deux hommes s'embrassèrent cordialement, après quoi ils s'étendirent sur leur couchette en attendant le point du jour, car on devait entrer de vive force dans la rade au lever du soleil.

LE COMBAT.
22 octobre 1827.

Triste... triste...
GOETHE.