Six heures sonnaient, comme les dernières voitures faisaient résonner les vitres de l'hôtel, c'était le coupé du marquis et de la marquise de Cérigny et celui de Georges qui s'en allait seul.

Après un moment de silence, M. de Cérigny dit à sa femme:—«En vérité, ma chère amie, je ne vous ai jamais vue plus jolie que ce soir... votre toilette était d'un excellent goût.... madame de Lussan me la faisait remarquer.

«—Mais savez-vous que c'est une louange cela, monsieur de Cérigny? madame de Lussan a le droit d'être sévère!... elle qui se met toujours si bien...

«—N'est-ce pas, Hortense? à propos... j'ai pris sur moi de lui promettre de vous mener à Lussan cet été... ai-je eu tort?...

«—Pouvez-vous le penser, mon ami?... ne savez-vous pas que j'aime de tout mon cœur cette chère Emma...

«—Que vous êtes bonne, Hortense, et puis vous trouverez à Lussan beaucoup de gens de votre société, les Mersac y seront, les d'Alby, madame de Verneuil et peut-être Georges accompagnera-t-il sa tante; j'ai oublié de le lui demander, mais les d'Alby y seront pour sûr...

«—Oh! je ne crois pas que M. de Verneuil puisse venir à Lussan, il nous a dit ce me semble qu'il s'était promis à M. d'Hermilly.

«—Tant pis, j'en serais désolé, car je lui suis dévoué comme à un parent, et je l'aime comme un ami, malgré la disproportion de nos âges...

«—En vérité, monsieur de Cérigny,» dit Hortense avec l'air du plus aimable reproche, «ne faites donc pas de la fatuité de vieillesse, cela ne vous va pas encore, je vous en avertis.

«—Mais vous me gâtez, Hortense... dit le marquis en baisant la main de sa femme.