—Sans doute, monsieur Marcel, elle rit à vos dépens, maintenant peut-être, parce que vous n'avez pas su la comprendre.—Elle rit à vos dépens, parce que vous ne concevez pas qu'un homme comme vous plaît toujours, lors même que ce ne serait que par singularité...—Elle rit à vos dépens, parce que vous ne voyez pas que son M. Georges l'ennuie à périr avec ses prévenances et ses attentions, parce qu'après tout, qu'a-t-il pour plaire? Une figure de fille, des cheveux frisés, un jargon, des fadeurs... Au lieu que vous, monsieur Marcel,—vous, vous êtes bien plus beau de cette beauté mâle et forte dont nous parlions; si vous lui racontiez vos chasses dans les Pyrénées, comme vous me les racontez à moi, elle ne cesserait pas de vous entendre... Vous pouvez me croire, moi, qu'est-ce que cela me fait, à moi, de vous dire tout cela; moi, toujours seul, isolé, méprisé, laid, repoussant, aussi loin de la beauté de M. Georges que de la vôtre.—Je n'ai aucun intérêt à vous donner la préférence,... n'est-ce pas,... je dis ce que je sens et ce que je sais,... voilà tout.

—Ce que tu sais... Crâo...! dit Marcel,—cette fois d'un air seulement dubitatif.

—Mais, monsieur Marcel, résumons, n'est-il pas vrai, que dans les premiers temps elle vous recherchait, vous engageait à venir au salon, au lieu de rester dans les bois...

—C'est vrai.

—N'est-il pas vrai qu'après cela, elle a été froide et réservée avec vous, et qu'elle ne vous parlait plus que de loin en loin?...

—C'est encore vrai.

—Et enfin, que maintenant, elle a l'air de ne pouvoir pas vous supporter,... elle vous évite autant qu'elle le peut?

—C'est encore vrai, dit Marcel avec un soupir.

—Eh bien! n'est-ce pas clair,—vous lui avez plu, elle vous l'a laissé voir, vous n'avez pas voulu la comprendre, et elle est furieuse,... elle qui était si bien disposée pour vous, qu'un jour,... mais je me tais,... vous diriez,... mensonge...

—Non, non,... dis, Crâo, dis...