—Quoique la conduite singulière de Wolf me fît penser que peut-être tout ce duel n'était-il qu'une bizarre et mauvaise plaisanterie,—pourtant je me plaçai en face de Wolf.
—De ma vie je n'oublierai son attitude calme, souriante, je dirai presque heureuse.—Il passa ses doigts dans sa belle chevelure noire, et appuya un instant son front dans sa main comme pour se recueillir, puis levant les yeux au ciel, il y eut dans son regard une expression de reconnaissance ineffable... puis il abaissa les yeux sur moi,—leva son pistolet et m'ajusta.
—Je l'ajustai à mon tour;—les canons des deux pistolets se touchaient presque.
—Êtes-vous prêts, Messieurs, dirent les témoins.
—Oui...
—Mon Dieu, pardonnez-leur,—dit en anglais le vieil officier taciturne, en frappant dans ses mains.
—Nos deux coups partirent ensemble.
—J'eus un moment d'éblouissement,—causé par la flamme et l'explosion du coup de Wolf,—et quand au bout d'une seconde je revins à moi,—je vis nos deux témoins courbés près de Wolf... qui s'appuyait sur son coude...
—Mon Dieu, mon Dieu... Vous l'avez voulu, lui dis-je avec désespoir... car le malheureux était tout sanglant. Vous savez que ce n'est pas moi... Pardon, mon ami,...—pardon... pardon...—
—J'ai été l'agresseur, et je suis justement puni,—je vous pardonne ma mort, dit-il d'une voix faible...—Puis s'approchant du mon oreille,—ses derniers mots, que seul j'entendis, furent ceux-ci:—Mes mesures étaient prises pour mourir de votre main... Merci....—oh Pépa!...