Confessions de Saint-Augustin, LIV. IV, ch. VII.

CHAPITRE PREMIER.

...Je venais de faire une campagne de deux ans dans l'Inde. De retour à Paris depuis six mois, j'avais pour maîtresse la femme d'un de mes amis d'enfance.

C'était une fort jolie femme, un véritable type de race et de distinction; frêle, blanche, délicate, nerveuse, pâle avec de grands yeux bruns qui voyaient à peine; l'air fier et hautain; un pied charmant; une main et une taille divines; de l'esprit; de l'âme! de l'âme... ni peu ni trop, mais juste ce qu'il en fallait pour mettre quelque poésie dans notre liaison, sans tomber dans les exigences et les ennuis de la passion...

Un soir que nous avions dîné seuls, mon ami, sa femme et moi, il demanda sa voiture et dit:

—Je vous quitte, Jenny, car j'ai affaire et c'est votre jour d'Opéra je crois...

—Oui, répondit Jenny; mais j'ai donné ma loge aux Bressac.

—Et que ferez-vous?

—Je ne sais trop... Comme c'est le mercredi de madame d'Arville, j'irai peut-être un moment...

Je me levai, et me disposais à sortir avec mon ami quand sa femme me dit: