RÉGULUS écumant.

Votre mari! votre mari! ne me parlez pas de cet être venimeux et malfaisant qui empoisonne mon bonheur... de ce colimaçon qui souille ma fleur! de cet objet vaseux qui trouble la source de mon eau limpide... Ne m’en parlez pas, entendez-vous. Ou je me brise le crâne à vos pieds..... Voyez-vous faible femme! ou je me déchire la mamelle gauche à grands coups d’ongles... pour vous montrer que j’ai un cœur fort qui bat dans ma poitrine d’homme... Car j’ai voyez-vous... de terribles et sanglantes fantaisies à la vue de votre insolent époux, qui me crache son bonheur à la face, voyez-vous!

MADAME CRINET.

Mon Dieu, que vous êtes violent. Ah! Régulus, Régulus... vous êtes un Vésuve!!

RÉGULUS, passant subitement du désespoir au sourire, s’écrie avec un charme indéfinissable et mélancolique.

Oh dis, Malvina... je voudrais m’étendre à tes pieds... est-ce qu’il n’y a pas une peau de tigre ici, ça serait commode pour m’étendre...

MALVINA.

Hélas! il n’y a que le karik vert de M. Crinet...

RÉGULUS, avec un rire de démon.

Donnez, donnez le karik... faible femme, ce sera un outrage de plus pour celui qui jette du plomb fondu sur mes nerfs voyez-vous... il s’étend avec frénésie sur le karik et s’y roule avec de sourds rugissements. Oh! malédiction, malédiction, c’est la robe du centaure, que ce karik damné.