LOPIN.

Nous pas fous... nous travailleurs et vous oisifs... et les oisifs doivent payer les travailleurs, c’est politique.

CRINET.

Politique... politique... est-ce que des ouvriers doivent savoir ce que c’est que la politique.

LOPIN.

Ah! pour ça, monsieur Crinet, pendant les glorieuses, vous nous avez dit que les ouvriers devaient avoir des droits politiques... et que même c’était eux qui feraient la chose de la loi, et que pour lors comme c’était eux qui faisaient la loi ils la faisaient eux-mêmes, et pour se donner les douceurs de la vie... et c’est pour la chose de vous obéir que vos ouvriers vous font la loi à vous-même, et veulent dix sous de plus ou sinon rien du tout, pas de travail... et comme dit le Lyonnais, vivre en travaillant ou mourir en combattant... en combattant...

CRINET.

Ah, c’est comme ça... misérables, eh bien je vais aller chercher le commissaire, et puisque c’est une coalition, nous allons voir...

LOPIN.

Oui, monsieur Crinet... voyez voir, voyez voir... tous les hommes sont égaux... les oisifs et les travailleurs... Vous oisifs donner dix sous... nous travailleurs prendre les dix sous, et comme dit l’autre, vivre en travaillant ou mourir en combattant: vive l'Empereur...