— Et moi, ma soeur, cette trame infernale, je crois la saisir…

— Toi?

—Avant la grande bataille du Rhin une calomnie infâme a été répandue contre Victorin. L'armée s'éloignait de lui… est-ce vrai?

— C'est vrai…

— La victoire de ton fils lui avait ramené l'affection des soldats… Voici qu'aujourd'hui cette ancienne calomnie devient une terrible réalité… Le crime de Victorin lui coûte la vie… ainsi qu'à son fils sa race est éteinte, un nouveau chef doit être donné à la Gaule, est-ce vrai?

— Oui.

— Ce soldat inconnu, mon compagnon de route, en me révélant cette nuit qu'un crime se commettait dans ma maison, ne savait-il pas que si je n'arrivais pas à temps pour tuer Victorin dans le premier accès de ma rage, il serait massacré par les troupes soulevées contre lui à la nouvelle de ce forfait?

— Et ce forfait, dit Sampso, comment l'armée l'a-t-elle connu sitôt, puisque personne encore n'avait pu sortir de cette maison?…

La mère des camps, frappée de cette réflexion de Sampso, me regarda. Je continuai:

— Quel est l'homme, Victoria, qui, arrachant de vos bras votre petit-fils, l'a tué à vos pieds? Encore ce soldat inconnu!