«Ces lignes arriveront à _Rome _en même temps que lui…
«P.-S. Dites au cardinal-prince qu'il peut compter sur moi, mais qu'à mon tour j'entends qu'il me serve activement.
D'un moment à l'autre, les dix-sept voix dont il dispose peuvent m'être utiles… il faut donc qu'il tâche d'augmenter le nombre de ses adhérents.»
Après avoir plié et cacheté cette lettre, Rodin la mit dans sa poche.
Dix heures sonnèrent. C'était l'heure du déjeuner de M. Rodin. Il rangea et serra ses papiers dans un tiroir dont il emporta la clef, brossa du coude son vieux chapeau graisseux, prit à la main un parapluie tout rapiécé et sortit.
* * * *
Pendant que ces deux hommes, du fond de cette retraite obscure, ourdissaient cette trame où devaient être enveloppés les sept descendants d'une famille autrefois proscrite… un défenseur étrange, mystérieux, songeait à protéger cette famille, qui était aussi la sienne.
Épilogue.
Le site est agreste… sauvage…
C'est une haute colline couverte d'énormes blocs de grès au milieu desquels pointent çà et là des bouleaux et des chênes au feuillage déjà jauni par l'automne; ces grands arbres se dessinent sur la lueur rouge que le soleil a laissée au couchant: on dirait la réverbération d'un incendie. De cette hauteur, l'oeil plonge dans une vallée profonde, ombreuse, fertile, à demi voilée d'une légère vapeur par la brume du soir… Les grasses prairies, les massifs d'arbres touffus, les champs dépouillés de leurs épis mûrs, se confondent dans une teinte sombre, uniforme, qui contraste avec la limpidité bleuâtre du ciel. Des clochers de pierre grise ou d'ardoise élancent çà et là leurs flèches aiguës du fond de cette vallée… car plusieurs villages y sont épars, bordant une longue route qui va du nord au couchant.