Et le soldat, ne s'apercevant pas de l'étonnement de son fils, entra avec lui dans la petite mansarde où tous deux devaient passer la nuit.
* * * *
Quelques minutes après avoir quitté la maison, l'homme aux formes si polies qui était venu demander la Mayeux chez la femme de Dagobert se rendit à l'extrémité de la rue Brise-Miche. Il s'approcha d'un fiacre qui stationnait sur la petite place du Cloître-Saint-Merri. Au fond de ce fiacre était M. Rodin enveloppé d'un manteau.
— Eh bien? dit-il d'un ton interrogatif.
— Les deux jeunes filles et l'homme à moustaches grises sont entrés chez Françoise Baudoin, répondit l'autre; avant de frapper à la porte, j'ai pu écouter et entendre pendant quelques minutes… les jeunes filles partageront, cette nuit, la chambre de Françoise Baudoin… Le vieillard à moustaches grises partagera la chambre de l'ouvrier forgeron.
— Très bien! dit Rodin.
— Je n'ai pas osé insister, reprit l'homme poli, pour voir ce soir la couturière bossue au sujet de la reine Bacchanal; je reviendrai demain pour savoir l'effet de la lettre qu'elle a dû recevoir dans la soirée par la poste, au sujet du jeune forgeron.
— N'y manquez pas. Maintenant vous allez vous rendre, de ma part, chez le confesseur de Françoise Baudoin, quoiqu'il soit fort tard; vous lui direz que je l'attends rue du Milieu-des-Ursins; qu'il s'y rende à l'instant même… sans perdre une minute… vous l'accompagnerez; si je n'étais pas rentré, il m'attendrait… car il s'agit, lui direz-vous, de choses de la dernière importance…
— Tout ceci sera fidèlement exécuté, répondit l'homme poli en saluant profondément Rodin, dont le fiacre s'éloigna rapidement.
V. Agricol et la Mayeux.