— Jusqu'à présent il n'y a pas d'autre preuve que la déposition spontanée de Mme Grivois… Mais j'y songe, dit la princesse en prenant un papier placé auprès d'elle, voici le rapport que me fait chaque jour une des femmes d'Adrienne.

— Celle que Rodin est parvenu à faire placer auprès de votre nièce?

— Elle-même, et comme cette créature se trouve dans la plus entière dépendance de Rodin, elle nous a parfaitement servis jusqu'ici… Peut-être dans ce rapport trouvera-t-on la confirmation de ce que Mme Grivois affirme avoir vu.

À peine la princesse eut-elle jeté les yeux sur cette note, qu'elle s'écria presque avec effroi:

— Que vois-je?… mais c'est donc le démon que cette fille?

— Que dites-vous?

— Le régisseur de cette terre qu'elle a vendue, en écrivant à Adrienne pour lui demander sa protection, l'a instruite du séjour du prince indien au château. Elle sait qu'il est son parent… et elle vient d'écrire à son ancien professeur de peinture, Norval, de partir en poste avec des costumes indiens, des cachemires, afin de ramener ici tout de suite ce prince Djalma… lui… qu'il faut à tout prix éloigner de Paris.

Le marquis pâlit et dit à Mme de Saint-Dizier:

— S'il ne s'agit pas d'un nouveau caprice de votre nièce… l'empressement qu'elle met à mander ici ce parent… prouve qu'elle en sait encore plus que vous n'aviez osé le soupçonner… Elle est instruite de l'affaire des médailles. Elle peut tout perdre… prenez garde!…

— Alors, dit résolument la princesse, il n'y a plus à hésiter… il faut pousser les choses plus que nous ne l'avions pensé… et que ce matin même tout soit fini…