— Docteur!… docteur!… dit Mme de Saint-Dizier, pas de faiblesse au moins!

Au lieu de lui répondre tout d'abord, M. Baleinier prit sa boîte d'or dans la poche de son gilet, l'ouvrit et y puisa une prise de tabac qu'il aspira lentement, et regardant la princesse d'un air tellement significatif qu'elle parut complètement rassurée:

— De la faiblesse!… moi, madame! dit enfin M. Baleinier en secouant de sa main blanche et potelée quelques grains de tabac épars sur les plis de sa chemise; n'ai-je pas eu l'honneur de m'offrir volontairement à vous afin de vous sortir de l'embarras où je vous voyais?

— Et vous seul au monde pouviez nous rendre cet important service, dit M. d'Aigrigny.

— Vous voyez donc bien, madame, reprit le docteur, que je ne suis pas un homme à _faiblesse… _car j'ai parfaitement compris la portée de mon action… mais il s'agit, m'a-t-on dit, d'intérêts si immenses…

— Immenses… en effet, dit M. d'Aigrigny; un intérêt capital.

— Alors je n'ai pas dû hésiter, reprit M. Baleinier; soyez donc sans inquiétude! Laissez-moi, en homme de goût et de bonne compagnie, rendre justice et hommage à l'esprit charmant et distingué de Mlle Adrienne, et quand viendra le moment d'agir, vous me verrez à l'oeuvre…

— Peut-être… ce moment sera-t-il plus rapproché que nous ne le pensions… dit Mme de Saint-Dizier en échangeant un regard avec M. d'Aigrigny.

— Je suis et serai toujours prêt… dit le médecin; à ce sujet je réponds de tout ce qui me concerne… Je voudrais bien être aussi tranquille sur toutes choses.

— Est-ce que votre maison de santé n'est pas toujours aussi à la mode… que peut l'être une maison de santé? dit Mme de Saint- Dizier en souriant à demi.