— Au moment de réussir, voir toutes nos espérances anéanties… Ah! les conséquences de tout ceci seront incalculables… Votre nièce… nous fait bien du mal… oh! bien du mal…

Il est impossible de rendre l'expression de sourde colère, de haine implacable, avec laquelle M. d'Aigrigny prononça ces derniers mots.

— Frédérik! s'écria la princesse avec anxiété en appuyant vivement sa main sur la main de l'abbé, je vous en conjure, ne désespérez pas encore… l'esprit du docteur est si fécond en ressources, il nous est si dévoué… essayons toujours.

— Enfin, c'est du moins une chance, dit l'abbé en reprenant la plume.

— Mettons la chose au pis… dit la princesse: qu'Adrienne aille ce soir… chercher les filles du maréchal Simon… Peut-être ne les trouvera-t-elle plus…

— Il ne faut pas espérer cela; il est impossible que les ordres de Rodin aient été si promptement exécutés… nous en aurions été avertis.

— Il est vrai… écrivez alors au docteur… je vais vous envoyer Dubois; il lui portera votre lettre. Courage, Frédérik! nous aurons raison de cette fille intraitable…

Puis Mme de Saint-Dizier ajouta avec une rage concentrée:

— Oh! Adrienne… Adrienne… vous payerez bien cher vos insolents sarcasmes et les angoisses que vous nous causez!

Au moment de sortir, la princesse se retourna et dit à
M. d'Aigrigny: