Goubaux trouva les deux premiers chapitres excellents, mais le troisième mal soudé, inutile d'ailleurs. Il fut sacrifié séance tenante.

Eugène Sue n'avait aucun amour-propre, et jetait ses manuscrits au feu avec une extrême facilité.

Il fut, en outre, convenu qu'un roman de cette forme et dans cette couleur ne pouvait passer dans un journal.

— Cela tombe à merveille, dit Eugène Sue: mon libraire m'a demandé de lui rendre le service de lui donner un livre inédit.

Eugène Sue discuta avec Goubaux le plan de trois ou quatre autres chapitres, qui furent arrêtés.

C'était un horizon immense pour Eugène Sue, que quatre chapitres, lui qui, d'habitude, trouvait au hasard de la plume et faisait au jour le jour.

Goubaux parti, Eugène Sue écrivit à son libraire et lui lut les deux chapitres. Il fut convenu que le roman aurait deux volumes et ne serait pas mis dans un journal.

Quinze jours après, le libraire était en possession de son premier volume, et avait l'idée d'aller le vendre au Journal des débats.

Dès leur apparition, _Les Mystères de Paris _eurent un tel succès, qu'il fut convenu qu'au lieu de deux volumes, on en ferait quatre, puis six, puis huit, puis dix, je crois.

De là vient la lassitude et l'affaiblissement des quatre derniers volumes, la déviation des caractères, et les notes nombreuses, destinées à faire passer certaines oppositions trop brutales, comme, par exemple, celle de Fleur-de-Marie, fille publique au premier chapitre, et vierge et martyre au dernier; de plus, chanoinesse!