— D'abord Dagobert et sa femme ne manqueront pas de nous dire: «Mesdemoiselles, vous n'êtes pas faites pour cela… coudre de gros vilains sacs de toile! Fi donc… les filles d'un maréchal de France!» Et puis, si nous insistons… «Eh bien! nous dira-t-on, il n'y a pas d'ouvrage à vous donner… Si vous en voulez… cherchez-en… mesdemoiselles.» Et alors, qui sera bien embarrassé? Mlles Simon: car où trouverons-nous de l'ouvrage?
— Le fait est que quand Dagobert s'est mis quelque chose dans la tête…
— Oh! après ça… en le câlinant bien…
— Oui, pour certaines choses… mais pour d'autres il est intraitable. C'est comme si en route nous eussions voulu l'empêcher de se donner tant de peine pour nous.
— Ma soeur! une idée… s'écria Rose, une excellente idée!
— Voyons, dis vite…
— Tu sais bien, cette jeune ouvrière qu'on appelle la Mayeux, et qui paraît si serviable, si prévenante…
— Oh! oui, et puis timide, discrète; on dirait qu'elle a toujours peur de gêner en vous regardant. Tiens, hier, elle ne s'apercevait pas que je la voyais: elle te contemplait d'un air si bon, si doux, elle semblait si heureuse, que des larmes me sont venues aux yeux tant je me suis sentie attendrie…
— Et bien, il faudra demander à la Mayeux comment elle fait pour trouver à s'occuper, car certainement elle vit de son travail.
— Tu as raison, elle nous le dira, et quand nous le saurons, Dagobert aura beau nous gronder, vouloir faire le fier pour nous, nous serons aussi entêtées que lui.