— Je reprendrai cela sur ma nuit… madame Françoise; est-ce que je pourrais dormir en vous sachant si tourmentée? Le travail me distraira.
— Mais tu dépenseras de la lumière…
— Soyez tranquille, madame Françoise, je suis un peu en avance, dit la pauvre fille, qui mentait.
— Embrasse-moi, du moins, dit la femme de Dagobert, les yeux humides, car tu es ce qu'il y a de meilleur au monde.
Et Françoise sortit en hâte. Rose et Blanche restèrent seules avec la Mayeux; enfin était arrivé pour elles le moment qu'elles attendaient avec tant d'impatience.
La femme de Dagobert arriva bientôt à l'église Saint-Merri où l'attendait son confesseur.
III. Le confessionnal.
Rien de plus triste que l'aspect de la paroisse de Saint-Merri par ce jour d'hiver bas et neigeux. Un moment Françoise fut arrêtée sous le porche par un lugubre spectacle. Pendant qu'un prêtre murmurait quelques paroles à voix basse, deux ou trois chantres crottés, en surplis sales, psalmodiaient la prière des morts d'un air distrait et maussade autour d'un pauvre cercueil de sapin, qu'un vieillard et un enfant misérablement vêtus accompagnaient seuls en sanglotant. M. le suisse et M. le bedeau, fort contrariés d'être dérangés pour un enterrement si piteux, avaient dédaigné de revêtir leur livrée, et attendaient en bâillant d'impatience la fin de cette cérémonie, si indifférente pour la fabrique: enfin, quelques gouttes d'eau sainte tombèrent sur le cercueil, le prêtre remit le goupillon au bedeau et se retira.
Alors il se passa une de ces scènes honteuses, conséquences forcées d'un trafic ignoble et sacrilège, une de ces indignes scènes si fréquentes lorsqu'il s'agit de l'enterrement du pauvre, qui ne peut pas payer ni cierges, ni grand'messe, ni violons, car il y a maintenant des violons pour les morts.[11]
Le vieillard tendit la main au bedeau pour recevoir de lui le goupillon.