Cette troupe, tout en ripostant aux plaisanteries des autres masques, semblait attendre avec une grande impatience l'arrivée d'une personne singulièrement désirée. Les paroles suivantes, échangées entre pierrots et pierrettes, débardeurs et débardeuses, turcs et sultanes ou autres couples assortis, donneront une idée de l'importance des personnages si ardemment désirés.
— Leur repas est commandé pour sept heures du matin. Leurs voitures devraient déjà être arrivées.
— Oui… mais la reine Bacchanal aura voulu conduire la dernière course du Prado.
— Si j'avais su cela… je serais resté pour la voir, ma reine adorée.
— Gobinet, si vous l'appelez encore votre reine adorée, je vous égratigne; en attendant, je vous pince!…
— Céleste, finis donc!… tu me fais des noirs sur le satin naturel dont maman m'a orné en naissant.
— Pourquoi appelez-vous cette Bacchanal votre reine adorée?
Qu'est-ce que je vous suis donc, moi?
— Tu es mon adorée, mais pas ma reine… car comme il n'y a qu'une lune dans les nuits de la nature, il n'y a qu'une reine Bacchanal dans les nuits du Prado.
— Oh! que c'est joli… gros rien du tout, allez!
— Gobinet a raison, elle était superbe, cette nuit, la reine!