— Malheureusement mademoiselle n'est plus ici, vous savez?

— Mais n'y a-t-il personne de sa famille à qui je puisse, sinon parler, du moins faire savoir par vous, mademoiselle, qu'Agricol désire faire connaître des choses très importantes, pour cette demoiselle?

— Cela est étrange, reprit Florine en réfléchissant et sans répondre à la Mayeux; puis, se retournant vers elle:

— Et vous en ignorez complètement le sujet, de ces révélations?

— Complètement mademoiselle; mais je connais Agricol: c'est l'honneur, la loyauté même; il a l'esprit très juste, très droit; l'on peut croire à ce qu'il affirme… D'ailleurs, quel intérêt aurait-il à…

— Mon Dieu! s'écria tout à coup Florine, frappée d'un trait de lumière soudaine et en interrompant la Mayeux, je me souviens de cela maintenant: lorsqu'il a été arrêté dans une cachette où mademoiselle l'avait fait conduire, je me trouvais là par hasard. M. Agricol m'a dit rapidement et tout bas:

«Prévenez votre généreuse maîtresse que sa bonté pour moi aura sa récompense, et que mon séjour dans cette cachette n'aura peut-être pas été inutile…» C'est tout ce qu'il a pu me dire, car on l'a emmené à l'instant. Je l'avoue, dans ces mots je n'avais vu que l'expression de sa reconnaissance et l'espoir de la prouver un jour à mademoiselle… Mais en rapprochant ces paroles à la lettre qu'il vous a écrite… dit Florine en réfléchissant…

— En effet, reprit la Mayeux, il y a certainement quelque rapport entre son séjour dans sa cachette et les choses importantes qu'il demande à révéler à votre maîtresse ou à quelqu'un de sa famille.

— Cette cachette n'avait été ni habitée, ni visitée depuis très longtemps, dit Florine d'un air pensif, peut-être M. Agricol y aura trouvé ou vu quelque chose qui doit intéresser ma maîtresse.

— Si la lettre d'Agricol ne m'eût pas paru si pressante, reprit la Mayeux, je ne serais pas venue, et il se serait présenté ici lui-même lors de sa sortie de prison, qui maintenant, grâce à la générosité d'un de ses anciens camarades, ne peut tarder longtemps; mais ignorant si, même moyennant caution, on le laisserait libre aujourd'hui… j'ai voulu avant tout accomplir fidèlement sa recommandation… la généreuse bonté que votre maîtresse lui avait témoignée m'en faisait un devoir.