Aussi, baissant timidement les yeux, celle-ci dit de sa voix la plus douce:
— Pardon, mademoiselle, de me présenter ainsi devant vous, mais les moments sont précieux… je viens de la part d'Agricol…
En prononçant ces mots la jeune ouvrière releva les yeux avec inquiétude, craignant que Mlle de Cardoville n'eût oublié le nom du forgeron; mais à sa grande surprise et à sa plus grande joie, l'effroi d'Adrienne sembla diminuer au nom d'Agricol. Elle se rapprocha de la claire-voie, et regarda la Mayeux avec une curiosité bienveillante.
— Vous venez de la part de M. Agricol Baudoin! lui dit-elle. Et qui êtes-vous!
— Sa soeur adoptive, mademoiselle… une pauvre ouvrière qui demeure dans sa maison.
Adrienne parut rassembler ses souvenirs, se rassurer tout à fait, et dit en souriant avec bonté, après un moment de silence:
— C'est vous qui avez engagé M. Agricol à s'adresser à moi pour la caution, n'est-ce pas?
— Comment! mademoiselle, vous vous souvenez?…
— Je n'oublie jamais ce qui est généreux et noble. M. Agricol m'a parlé avec attendrissement de votre dévouement pour lui; je m'en souviens… rien de plus simple… Mais comment êtes-vous ici, dans ce couvent?
— On m'avait dit que peut-être l'on m'y procurerait de l'occupation, car je me trouve sans ouvrage. Malheureusement, j'ai éprouvé un refus de la part de la supérieure.