— Mon père… puisque la Mayeux dit cela… c'est qu'elle a ses raisons; écoutons-la… Le boulevard de l'Hôpital est à deux pas, il n'y passe personne; nous pourrons parler sans être interrompus.
— Que le diable m'emporte si je comprends un mot à tout ceci! s'écria Dagobert, mais toujours sans quitter la porte. Ces enfants sont là, je les prends, je les emmène… c'est l'affaire de dix minutes.
— Oh! ne croyez pas cela… monsieur Dagobert, dit la Mayeux, c'est bien plus difficile que vous ne pensez… Mais venez… venez. Entendez-vous? on parle dans la cour.
En effet, on entendit un bruit de voix assez élevé.
— Viens… viens, mon père… dit Agricol en entraînant le soldat presque malgré lui.
Rabat-Joie, paraissant très surpris de ces hésitations, aboya deux ou trois fois, sans abandonner son poste, comme pour protester contre cette humiliante retraite; mais, à un appel de Dagobert, il se hâta de rejoindre le corps d'armée.
Il était alors cinq heures du soir, il faisait grand vent; d'épaisses nuées grises et pluvieuses couraient sur le ciel. Nous l'avons dit, le boulevard de l'Hôpital, qui limitait à cet endroit le jardin du couvent n'était presque pas fréquenté. Dagobert, Agricol et la Mayeux purent donc tenir solitairement conseil dans cet endroit écarté.
Le soldat ne dissimulait pas la violente impatience que lui causaient ces tempéraments: aussi, à peine l'angle de la rue fut- il tourné, qu'il dit à la Mayeux:
— Voyons, ma fille, expliquez-vous… je suis sur des charbons ardents.
— La maison où sont renfermées les filles du maréchal Simon… est un couvent… monsieur Dagobert.