Rodin, le père d'Aigrigny, Gabriel et le notaire étaient sous le coup d'un saisissement si profond, qu'aucun d'eux ne remarqua combien il était étrange d'entendre la sonnerie de cette pendule…
— Midi! s'écria Rodin; et, par un mouvement involontaire, il posa brusquement ses deux mains sur la cassette, comme pour en prendre possession.
— Enfin!!! s'écria le père d'Aigrigny avec une expression de joie, de triomphe, d'enivrement, impossible à peindre.
Puis il ajouta en se jetant dans les bras de Gabriel, qu'il embrassa avec exaltation:
— Ah! mon cher fils… que de pauvres vont vous bénir!… Vous êtes un saint Vincent de Paul… Vous serez canonisé… je vous le jure…
— Remercions d'abord la Providence, dit Rodin d'un ton grave et ému, en tombant à genoux; remercions la Providence de ce qu'elle a permis que tant de biens fussent employés à la plus grande gloire du Seigneur.
Le père d'Aigrigny, après avoir embrassé Gabriel, le prit par la main et lui dit:
— Rodin a raison… À genoux, mon cher fils, et rendons grâce à la Providence.
Ce disant, le père d'Aigrigny s'agenouilla et entraîna Gabriel, qui, étourdi, confondu, n'ayant plus la tête à lui, tant les événements se précipitaient, s'agenouilla machinalement.
Le dernier coup de midi sonna. Tous se relevèrent. Alors le notaire dit d'une voix légèrement altérée, car il y avait quelque chose d'extraordinaire et de solennel dans cette scène: