— C'est nous, madame, qui vous remercions d'avoir voulu songer à nous pour cette bonne oeuvre, dit Blanche avec grâce.
— Permettez-moi, madame, ajouta Rose, d'aller chercher tout ce dont nous pouvons disposer pour vous l'offrir.
Et, ayant échangé un regard avec sa soeur, la jeune fille sortit du salon et entra dans la chambre à coucher qui l'avoisinait.
— Madame, dit respectueusement Dagobert, de plus en plus séduit par les paroles et les manières de la princesse, faites-nous donc l'honneur de vous asseoir en attendant que Rose revienne avec son boursicaut…
Puis le soldat reprit vivement, après avoir avancé un siège à la princesse, qui s'assit:
— Pardon, madame, si je dis Rose… tout court, en parlant d'une des filles du maréchal Simon… mais j'ai vu naître ces enfants…
— Et, après mon père, nous n'avons pas d'ami meilleur, plus tendre, plus dévoué que Dagobert, madame, ajouta Blanche en s'adressant à la princesse.
— Je le crois sans peine, mademoiselle, répondit la dévote, car vous et votre charmante soeur paraissez bien dignes d'un pareil dévouement… dévouement, ajouta la princesse en se tournant vers Dagobert, aussi honorable pour ceux qui l'inspirent que pour celui qui le ressent…
— Ma foi, oui, madame, dit Dagobert, je m'en honore et je m'en flatte, car il y a de quoi… Mais, tenez, voilà Rose avec son magot.
En effet, la jeune fille sortit de la chambre tenant à la main une bourse de soie verte assez remplie. Elle la remit à la princesse, qui avait déjà deux ou trois fois tourné la tête vers la porte avec une secrète impatience, comme si elle eût attendu la venue d'une personne qui n'arrivait pas. Ce mouvement ne fut pas remarqué par Dagobert.