— Je m'en doute, répondit la Mayeux en souriant un peu; eh bien, à vrai dire, il est impossible d'imaginer une toilette plus à votre avantage. Cette robe d'un vert tendre et d'un rose pâle, relevée par le doux éclat de ces garnitures de jais blanc qui s'harmonisent si merveilleusement avec l'or de vos cheveux, tout cela fait que de ma vie, je vous le répète, je n'ai vu un aussi gracieux tableau…

Ce que la Mayeux disait, elle le sentait, et elle se trouvait heureuse de pouvoir l'exprimer, car nous avons dit la vive admiration de cette âme poétique pour tout ce qui était beau.

— Eh bien, reprit gaiement Adrienne, je suis ravie de ce que vous me trouvez mieux aujourd'hui qu'un autre jour, mon amie.

— Seulement… reprit la Mayeux en hésitant.

— Seulement? dit Adrienne en regardant la jeune ouvrière d'un regard interrogatif.

— Seulement, mon amie, reprit la Mayeux, si je ne vous ai jamais vue plus jolie… jamais je n'ai vu non plus sur vos traits l'expression résolue, ironique que vous aviez tout à l'heure… C'était comme un air d'impatient défi.

— C'est cela même, ma douce petite Madeleine, dit Adrienne en se jetant au cou de la Mayeux, avec une joyeuse tendresse; il faut que je vous embrasse pour m'avoir si bien devinée; car si j'ai, voyez-vous, cet air un peu agressif… c'est que j'attends ma chère tante.

— Mme la princesse de Saint-Dizier! s'écria la Mayeux avec crainte, cette grande dame si méchante qui vous a fait tant de mal?

— Justement; elle m'a demandé un moment d'entretien, et je me fais une joie de la recevoir…

— Une joie!…