—Peste! ceci n’est pas maladroit, je pense, se dit Croustillac, j’espère bien que la duchesse va me comprendre et d’abord refuser.

—Mais, mon cher lord, dit en effet Angèle, le dernier entretien que je vous supplie de m’accorder ne doit être entendu que de vous.

—A merveille! oh! elle comprend à demi-mot, se dit Croustillac; et il reprit tout haut:

—Et pourquoi donc, madame, notre entretien serait-il secret? auriez-vous quelque chose de caché pour votre bien-aimé... pour l’amant de votre choix?...

—Mais si j’ai à implorer votre pardon, monseigneur?...

—Eh bien! madame, vous l’implorerez devant votre complice... plus vous vous accuserez, plus vous reconnaîtrez votre conduite comme déloyale, infâme, indigne; plus vous constaterez l’abjection de votre choix. Ce sera la punition de ce scélérat et la vôtre.

—Mais, monseigneur...

—C’est mon dernier mot, répondit Croustillac.

—Ne craignez-vous pas le désespoir de cet homme? dit tout bas M. de Chemeraut.

—Non, non, les traîtres sont lâches! voyez celui-ci, quel air morne, attéré! il n’ose pas seulement lever les yeux sur moi... En tout cas, monsieur, envoyez, je vous prie, quelques hommes de votre escorte au dehors de cette galerie, et qu’à mon premier signal ils entrent.