—Eh! qui donc, mordioux! parlera en ma faveur, si ce n’est moi, reprit le Gascon; serait-ce vous, par hasard, mon gentilhomme?

—Messieurs, s’écria M. de Chemeraut, lord Mortimer a raison en proposant de faire justice de cet imposteur abominable.

—Il a tort, je soutiens qu’il a tort, cent mille fois tort! s’écria Croustillac... c’est un moyen usé, rebattu, vulgaire...

—Te tairas-tu, malheureux! s’écria l’athlétique Mortimer en saisissant les deux mains du Gascon.

—Ne touchez pas un gentilhomme, ou, par la mort! vous payerez cher cet outrage! s’écria Croustillac avec colère.

—Ton épée, misérable fourbe, dit M. de Chemeraut pendant que vingt bras levés menaçaient l’aventurier.

—Au fait, un lion ne peut rien contre cent loups, dit majestueusement le Gascon en rendant sa rapière.

—Maintenant, messieurs, reprit M. de Chemeraut, je continue. Oui, l’honorable lord Mortimer avait raison de vouloir faire pendre ce drôle.

—Il a tort! tant que je pourrai élever la voix je protesterai qu’il a tort! c’est une idée cornue et biscornue... c’est un raisonnement de cheval... Le bel argument qu’une potence? cria Croustillac en se débattant entre deux gentilshommes qui le tenaient au collet.

—Mais avant d’en faire justice, il faut l’obliger à nous révéler la trame indigne qu’il a ourdie... il faut qu’il nous dévoile les circonstances mystérieuses à l’aide desquelles il a effrontément surpris ma bonne foi.