—Il s’agit d’une cruelle torture, dit le capitaine; ne nous forcez pas de recourir à ces extrémités.
Le Gascon fit un signe de résignation et répéta:
—Je n’ai rien à dire.
Le capitaine ne put dissimuler son chagrin d’être obligé d’employer de pareilles mesures; il sonna.
Un planton se présenta.
—Ordonnez au prévôt de venir ici, à quatre hommes de se tenir dans la batterie, près du fanal de l’avant, et dites au maître canonnier de préparer des mèches soufrées.
Le planton sortit.
Ces ordres étaient d’un positif effrayant.
Malgré son courage, Croustillac sentit chanceler sa détermination; le supplice dont on le menaçait était affreux. Monmouth était alors sans doute en sûreté; l’aventurier pensait qu’il avait déjà beaucoup fait pour le duc et pour la duchesse; il allait peut-être céder à la crainte de la torture, lorsque son courage lui revint à cette réflexion, grotesque sans doute, mais qui, dans la circonstance où elle se présentait à son esprit, devenait presque héroïque:
On ne se sacrifie pas pour les gens dans le seul but d’être couronné de fleurs...