—Je n'en voudrais pas tant... Ma liberté, vivre à la campagne, et être sûre de ne pas mourir à l'hôpital... Oh! cela surtout... ne pas mourir là!... Tenez, monsieur Rodolphe, souvent cette pensée-là me vient... elle est affreuse!
—Hélas! nous autres pauvres gens...
—Ce n'est pas pour la misère... que je dis cela... Mais après... quand on est morte...
—Eh bien?
—Vous ne savez donc pas ce que l'on fait de vous après, monsieur Rodolphe?
—Non...
—Il y a une jeune fille que j'avais connue en prison... elle est morte à l'hôpital... on a abandonné son corps aux chirurgiens..., murmura la malheureuse en frissonnant.
—Ah! c'est horrible!!! Comment, malheureuse enfant, vous avez souvent de ces sinistres pensées?...
—Cela vous étonne, n'est-ce pas, monsieur Rodolphe, que j'aie de la honte... pour après ma mort... Hélas! mon Dieu... on ne m'a laissé que celle-là...
Ces douloureuses et amères paroles frappèrent Rodolphe.