—La maison a des persiennes vertes... C'est si gai, n'est-ce pas, monsieur Rodolphe?

—Des persiennes vertes... je suis de votre avis... il n'y a rien de plus gai que des persiennes vertes... Naturellement la fermière serait votre tante.

—Naturellement... et ce serait une bien bonne femme.

—Excellente: elle vous aimerait comme une mère.

—Bonne tante! Ça doit être si bon d'être aimée par quelqu'un!

—Et vous l'aimeriez bien aussi?

—Oh! s'écria Fleur-de-Marie en joignant les mains et en levant les yeux avec une expression de bonheur indicible à rendre; oh! oui, je l'aimerais; et puis je l'aiderais à travailler, à coudre, à ranger le linge, à blanchir, à serrer les fruits pour l'hiver, à tout le ménage, enfin... Elle ne se plaindrait pas de ma paresse, je vous en réponds!... Le matin...

—Attendez donc, Fleur-de-Marie... êtes-vous impatiente!... que je finisse de vous peindre la maison.

—Allez, allez, monsieur le peintre, on voit bien que vous avez l'habitude de peindre de jolis paysages sur vos éventails, dit la Goualeuse en riant.

—Petite babillarde... laissez-moi donc achever ma maison...