—À vos pieds.
—À mes pieds?
—Oui.
—Où cela?
—Tenez, là... voyez-vous le toit? Prenez garde de marcher dessus.
Rodolphe n'avait pas, en effet, remarqué un de ces cabarets souterrains que l'on voyait, il y a quelques années encore, dans certains endroits des Champs-Élysées, et notamment près le Cours-la-Reine.
Un escalier creusé dans la terre humide et grasse conduisait au fond de cette espèce de large fossé; à l'un de ses pans, coupés à pic, s'adossait une masure basse, sordide, lézardée: son toit, recouvert de tuiles moussues, s'élevait à peine au niveau du sol où se trouvait Rodolphe; deux ou trois huttes en planches vermoulues, servant de cellier, de hangar, de cabane à lapins, faisaient suite à ce misérable bouge.
Une allée très-étroite, traversant le fossé dans sa longueur, conduisait de l'escalier à la porte de la maison; le reste du terrain disparaissait sous un berceau de treillage qui abritait deux rangées de tables grossières plantées dans le sol.
Le vent faisait tristement grincer sur ses gonds une méchante plaque de tôle: à travers la rouille qui la couvrait on distinguait encore un cœur rouge percé d'un trait. L'enseigne se balançait à un poteau dressé au-dessus de cet antre, véritable terrier humain.
Une brume épaisse, humide, se joignait à la pluie; la nuit approchait.