Rodolphe, revêtu d'une longue robe de chambre de velours noir, qui augmente encore la pâleur de sa figure, est assis devant une grande table recouverte d'un tapis. Sur cette table on voit deux portefeuilles, celui qui a été volé à Tom par le Maître d'école dans la Cité, et celui qui appartient à ce brigand; la chaîne de similor de la Chouette, à laquelle est suspendu le petit saint-esprit de lapis-lazuli, le stylet encore ensanglanté qui a frappé Murph, la pince de fer qui a servi à l'effraction de la porte, et enfin les cinq billets de mille francs que le Chourineur a été chercher dans une pièce voisine.
Le docteur nègre est assis d'un côté de la table, le Chourineur de l'autre.
Le Maître d'école, étroitement garrotté, hors d'état de faire un mouvement, est placé dans un grand fauteuil à roulettes, au milieu du salon.
Les gens qui ont apporté cet homme se sont retirés.
Rodolphe, le docteur, le Chourineur et l'assassin restent seuls.
Rodolphe n'est plus irrité: il reste calme, triste, recueilli; il va accomplir une mission solennelle et formidable.
Le docteur est pensif.
Le Chourineur ressent une crainte vague; il ne peut détacher son regard du regard de Rodolphe.
Le Maître d'école est livide... il a peur...
Une arrestation légale lui eût paru moins redoutable peut-être, son audace ne l'eût pas abandonné devant un tribunal ordinaire; mais tout ce qui l'entoure le surprend, l'effraye; il est au pouvoir de Rodolphe, qu'il considérait comme un artisan capable de le trahir ou de faiblir à l'heure du crime, et qu'il a voulu sacrifier à ce soupçon et à l'espoir de profiter seul du vol...