—Oh! je ne m'en plaindrai jamais.
—Et ton fils, qu'en as-tu fait?
—Cet ami dont je vous parle lui avait fait apprendre la tenue des livres pour le mettre dans une maison de banque, afin qu'il pût nous renseigner... à certains égards. C'était convenu entre nous. Quoiqu'à Rochefort, et en attendant mon évasion, je dirigeais le plan de cette entreprise, nous correspondions par chiffres.
—Cet homme m'épouvante! s'écria Rodolphe en frémissant; il est des crimes que je ne soupçonnais pas. Avoue... avoue... pourquoi voulais-tu faire entrer ton fils chez un banquier?
—Pour... vous entendez bien... étant d'accord avec nous... sans le paraître... inspirer de la confiance au banquier... nous seconder... et...
—Oh! mon Dieu! son fils, son fils! s'écria Rodolphe avec une douloureuse horreur, en cachant sa tête dans ses mains.
—Mais il ne s'agissait que de faux! s'écria le brigand; et encore, quand on lui a révélé ce qu'on attendait de lui, mon fils s'est indigné... Après une scène violente avec la personne qui l'avait élevé pour nos projets, il a disparu... Il y a dix-huit mois de cela... Depuis, on ne sait pas ce qu'il est devenu... Vous verrez là, dans mon portefeuille, l'indication des démarches que cette personne a tentées pour le retrouver, dans la crainte qu'il ne dénonçât l'association; mais on a perdu ses traces à Paris. La dernière maison qu'il a habitée était rue du Temple, n° 14, sous le nom de François Germain; l'adresse est aussi dans mon portefeuille. Vous voyez, j'ai tout dit, tout... Tenez votre promesse, faites-moi seulement arrêter pour le vol de ce soir.
—Et le marchand de bestiaux de Poissy?
—Il est impossible que cela se découvre, il n'y a pas de preuves. Je veux bien vous l'avouer à vous, pour montrer ma bonne volonté; mais devant le juge je nierais...
—Tu l'avoues donc?