—Vous voulez donc me mettre à la torture?... s'écria le Maître d'école avec plus de colère que de douleur. Pourquoi vous êtes-vous amusé à me piquer les yeux ainsi?... Vous m'avez fait mal... Est-ce pour me martyriser encore dans l'ombre que vous avez éteint les lumières ici comme là-dedans?...
Il y eut un moment de silence effrayant.
—Vous êtes aveugle, dit enfin David d'une voix émue.
—Ça n'est pas vrai! ça n'est pas possible! Vous avez fait la nuit exprès!... s'écria le brigand en faisant de violents efforts sur son fauteuil.
—Otez-lui ses liens, qu'il se lève, qu'il marche, dit Rodolphe.
Les deux hommes firent tomber les liens du Maître d'école.
Il se leva brusquement, fit un pas en tendant ses mains devant lui, puis retomba dans le fauteuil en levant les bras au ciel.
—David, donnez-lui ce portefeuille, dit Rodolphe.
Le nègre mit dans les mains tremblantes du Maître d'école un petit portefeuille.
—Il y a dans ce portefeuille assez d'argent pour t'assurer un abri... et du pain... jusqu'à la fin de tes jours dans quelque solitude. Maintenant tu es libre... va-t'en... et repens-toi... le Seigneur est miséricordieux!