—Dis à Philippe de venir t'aider: tu n'en finiras pas!

—Mais, monsieur, attendez que j'aie un peu rangé ici, répondit tristement Joseph. On s'apercevrait de ce désordre, et l'on ne comprendrait pas ce qui a pu arriver cette nuit à monsieur le marquis.

—Et si l'on comprenait... ce serait bien hideux, n'est-ce pas? reprit M. d'Harville d'un ton de raillerie douloureuse.

—Ah! monsieur, s'écria Joseph, Dieu merci, personne ne se doute...

—Personne?... Non, personne! répondit le marquis d'un air sombre.

Pendant que Joseph s'occupait de réparer le désordre de la chambre de son maître, celui-ci alla droit à la panoplie dont nous avons parlé, examina attentivement pendant quelques minutes les armes qui la composaient, fit un geste de satisfaction sinistre et dit à Joseph:

—Je suis sûr que tu as oublié de faire nettoyer mes fusils qui sont là-haut dans mon nécessaire de chasse?

—Monsieur le marquis ne m'en a pas parlé..., dit Joseph d'un air étonné.

—Si, mais tu l'as oublié.

—Je proteste à monsieur le marquis...